L’Humain d’Abord ! Au coeur de la république

Éric Bocquet Découvrir le sénateur Michelle Gréaume Découvrir la sénatrice
Actualité

Chronique

10 ans plus tard...

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 14 septembre

Ce samedi 15 septembre marquera jour pour jour l’anniversaire, pas joyeux pour le coup, de l’effondrement de la banque américaine Lehman Brothers. Cet évènement marque le début d’une crise financière historique.

Je voudrais vous conter aujourd’hui l’histoire d’un étudiant américain, MH Miller, qui en fut l’une des victimes concrètes. Six semaines après l’effondrement de la banque, son père perd son emploi chez un sous-traitant de Ford. Quelques temps plus tard, la famille ne parvient plus à payer les traites de l’emprunt consenti pour la maison. De son côté, le jeune étudiant avait contracté un prêt afin de financer ses études, 100 000 dollars (86 000 euros), son père en était le garant. En janvier 2011 la banque saisit la maison, la voiture récupérée en pleine nuit par les financiers.

A l’âge de 30 ans aujourd’hui, MH Miller fait partie de ces 44 millions d’emprunteurs aux USA qui ont sollicité un prêt étudiant, le total national s’élève à un montant de 1 400 milliards de dollars. Descente aux enfers. L’étudiant va jusqu’à se poser la question de savoir si la vie vaut encore la peine d’être vécue. S’il disparaissait, le poids de sa dette reviendrait sur les épaules de son père aujourd’hui âgé de 60 ans.

Finalement, MH Miller poursuit son chemin, se marie, soulage son père de la caution de l’emprunt et la transfère sur sa femme. Ils se rapprochent d’une société financière, SOFI (pour Social Finance, oui je sais ça surprend). Le prêt est rééchelonné, le montant atteint les 182 000 dollars, avec les intérêts il sera remboursé en 2032, quand Miller aura 44 ans.

Il s’est posé souvent la question de savoir qui était responsable de cette situation. Ses parents ? pour l’avoir encouragé à poursuivre ses études qu’ils n’avaient pas les moyens de financer. Les banques ? pour avoir prêté de l’argent à des gens qui seraient incapables de rembourser. La sienne ? dépenser au total 200 000 dollars pour des études, une folie !

Alors, 10 ans plus tard, les leçons ont-elles été tirées de cette démence financière ? Assurément pas. La bulle de la dette étudiante peut exploser demain, comme celle de l’immobilier en 2008.

Si vous avez perdu le moral après avoir lu ce billet, filez vite à la fête de l’Humanité. Vous y êtes attendus pour rire, réfléchir, débattre, respirer et bousculer cet empire nocif de la finance… et surtout travailler au grand rassemblement de l’immense diversité du genre humain.

A tout à l’heure !