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Actualité

Question écrite avec réponse

Enseignement des sciences économiques et sociales dans le cadre de la réforme du baccalauréat

M. Éric Bocquet interroge M. le ministre de l’éducation nationale sur l’enseignement des sciences économiques et sociales dans le cadre de la réforme du baccalauréat.

Le 14 février 2018, il a présenté la réforme liée à la nouvelle formule du baccalauréat qui sera effective à compter de 2021.

Il est ainsi mis fin aux trois filières du bac général (Littéraire, Économique et Sociale, Scientifique), instaurées en 1995. Les élèves suivront un tronc commun et choisiront trois spécialités en classe de première, ramenées à deux en classe de terminale.

Dans ce cadre, il peut être regretté que les sciences économiques et sociales ne deviennent qu’une spécialité, alors même que celles-ci représentaient la « colonne vertébrale » du feu bac ES.

Plus que jamais au regard du monde dans lequel nous vivons, les sciences économiques et sociales, qui associent plusieurs sciences sociales au premier rang desquelles l’économie, la sociologie et les sciences politiques, est une discipline qui permet à la fois de former intellectuellement les générations futures et de leur faire appréhender les enjeux de société.

Il est ainsi particulièrement dommageable que ces sciences soient sorties du socle de culture commune pour ne devenir qu’une discipline de spécialité alors même qu’il existe un accord assez large pour dire que la culture économique et sociale devrait être enseignée à tous les lycéens. D’ailleurs, nombreux sont les observateurs qui déplorent régulièrement le manque de « culture économique » de nos concitoyens, notamment les plus jeunes d’entre eux.

Il y ainsi de réelles et légitimes inquiétudes quant à la formation des élèves en sciences économiques et sociales quand, chaque jour, l’actualité nous rappelle la nécessité pour chacun de disposer des outils d’analyse proposés par ces disciplines.

En cela, il lui est demandé s’il envisage, dans le cadre de la concertation technique et avant la rentrée scolaire, d’intégrer les sciences économiques et sociales au tronc commun.

Réponse de M. le ministre de l’éducation nationale
La réforme du baccalauréat et du lycée général et technologique va contribuer à consolider la culture économique des lycéens français.

Un certain nombre de mesures concourent à cet objectif : en classe de seconde générale et technologique, un enseignement de sciences économiques et sociales est introduit dans le tronc commun des enseignements à raison d’une heure trente par semaine. Cette mesure constitue une avancée par rapport à la situation actuelle puisque les sciences économiques et sociales, jusqu’alors choisies uniquement comme enseignement d’exploration optionnel, deviennent désormais obligatoires et partie constitutive de la culture commune de tous les lycéens ; en classes de première et de terminale, l’objectif est de préparer les élèves à ce qui les fera réussir dans l’enseignement supérieur.

Cela se traduit par des parcours plus progressifs sans les enfermer dans l’enseignement supérieur. Dans ce cadre, les sciences économiques et sociales peuvent être choisies par les élèves en tant qu’enseignement de spécialité de quatre heures en classe de première et de six heures en classe de terminale.

L’organisation nouvelle des enseignements dans le cycle terminal doit permettre des choix diversifiés complétant cet enseignement. L’association rendue possible des sciences économiques et sociales avec des disciplines scientifiques telles que les mathématiques ou des disciplines littéraires permet ainsi une diversification des parcours selon le projet de l’élève grâce au choix de trois enseignements de spécialité en classe de première et de deux enseignements de ce type en classe de terminale.

À titre d’exemple, les sciences économiques et sociales peuvent s’articuler avec l’enseignement de spécialité « histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » auquel pourront participer les professeurs de sciences économiques et sociales pour la partie sciences politiques. De plus, une option de « Droit et grands enjeux du monde contemporain » (DGEMC) de trois heures peut être choisie en classe de terminale ce qui permet d’élargir l’éventail des possibilités des élèves en matière de poursuites d’études supérieures.

Ces modifications dans la structure des enseignements s’accompagnent d’une rénovation des contenus de programme, pour laquelle le Conseil supérieur des programmes a remis ses premières préconisations au début du mois de mai 2018.

Compte tenu des évolutions décrites ci-dessus, les sciences économiques et sociales ont toute leur place dans la nouvelle organisation du baccalauréat et du lycée général et technologique.