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Chronique

Immersion en commission

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 1er juin

Je vous invite aujourd’hui au cœur de la commission des finances du Sénat. Réunion du mercredi 23 mai 2018 au cours de laquelle nous auditionnons M. Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes Publics. L’objet de cette audition étant l’examen de ce que l’on appelle « la loi de règlement ». La première fois que l’on entend ce libellé, on se demande évidemment de quoi il retourne. Pour être plus simple, il s’agit d’examiner le budget 2017, ce serait dans un débat de Conseil Municipal l’examen du Compte Administratif.

Ce jour-là, nous faisions donc le bilan budgétaire de l’année antérieure, pas forcément un sujet très « sexy » mais qui vaut la peine d’un examen détaillé. Evidemment, il n’échappe à personne que l’année budgétaire 2017 a été portée par deux majorités différentes, une moitié par Hollande, une autre par Macron !

Un document de synthèse nous est remis et il sera bien sûr commenté par le ministre. La rédaction de ce document de 13 pages est un bijou de communication politique, ou plutôt « politicienne ». En gros, le message c’est « Voyez comme nous sommes vraiment meilleurs que nos prédécesseurs ».

Je me suis amusé à relever les expressions positives contenues dans le document. Je veux toutes vous les énumérer, lisez-les et après vous verrez, vous ne comprendrez plus pourquoi des millions de gens expriment leur mécontentement et leurs revendications dans notre pays depuis plusieurs semaines.

Je cite :

  • « Les moyens des ministères auront progressé de 9.1 milliards en 2016 et 2017, soit un niveau inégalé depuis la crise économique…
  • Cette accélération de la croissance témoigne du retour de la confiance des acteurs économiques…
  • L’indice de confiance des ménages a progressé de 5 points depuis l’élection présidentielle (merci Jupiter ! – commentaire de l’auteur du billet) …
  • Le climat des affaires atteint un niveau jamais atteint depuis la crise de 2008, de 12 points supérieurs à sa moyenne de long terme…
  • Le dynamisme de la demande intérieure s’est appuyé sur la vigueur de l’investissement…
  • Les exportations opèrent en 2017 un très net redressement…
  • Regain de vigueur de la demande mondiale…
  • Accélération de l’activité en zone euro…
  • Importations dynamiques…
  • Contribution positive à la croissance….
  • Amélioration des finances publiques… »

Allez, je vous livre la conclusion : « au final, sans les mesures discrétionnaires en dépenses comme en recettes mises en œuvre par le gouvernement au second semestre de l’année 2017, nos objectifs de finances publiques n’auraient donc jamais été atteints malgré l’amélioration conjoncturelle ». Fermez le ban !

Ils sont vraiment trop forts. Que voulez-vous que je dise après tout ça ?