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Maudits gueux !

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 27 juillet 2018

Les misérables, les va nu pieds, les gueux, les moins que rien, les sans dents, les plébéiens, les croquants, les indigents, les miséreux, les pailleux, les nécessiteux, les traîne-misère, les mendiants, les crève-la-faim, les loqueteux, les sans-le-sou, les meurt-de-faim… que de mots et expressions pour désigner les pauvres.

Du croquant de l’Ancien Régime aux sans-dents du 21ème siècle, il y a toujours eu beaucoup d’inspiration et de créativité, et le débat ne s’est jamais éteint, précisément parce que cette réalité des inégalités dans nos sociétés est toujours vivace. Jamais le monde n’a produit autant de richesses, et jamais les inégalités n’ont été aussi gigantesques de par le monde, et chez nous aussi bien sûr.

Donc sa Majesté Macron 1er a stigmatisé l’argent fou qui est dépensé pour « aider les pauvres » sans que jamais la pauvreté ne soit définitivement éradiquée. Gérald Darmanin avait déjà pointé en son temps dans les médias le nombre trop grand des aides sociales, et leur coût bien sûr.

Le projet des communistes n’est évidemment pas de « gérer la pauvreté », il est de construire une autre société, du partage, de la justice et de l’égalité, ce qui évidemment n’a rien à voir avec l’uniformité. Nous réfutons catégoriquement ces discours scandaleux sur « l’assistanat », cela s’appelle la solidarité. En 2017, 60% des français estimaient que la solidarité était bien une tâche qui incombe à l’Etat, contre 32% aux familles.

Sans doute le système des aides sociales n’est-il pas parfait, encore moins idéal, nous l’avons dit. De là à dire qu’elles n’ont aucune efficacité, il y a un pas. En 2014, les impôts et prestations sociales ont en effet fait baisser le taux de pauvreté de 7,9 points. En clair, les aides sociales (RSA, prime d’activité, allocation logement…) ont permis à 4,9 millions de personnes de ne pas sombrer dans la grande pauvreté. Le système de redistribution français permet de limiter les inégalités.

Or, depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne. Le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres se situe autour de 690 euros par mois, celui des 10 % les plus riches autour de 4800 euros. Ce n’est pas la charité que les gens veulent, c’est de la dignité et les moyens d’une vie sans précarité. Le bonheur a un coût mais il n’a pas de prix !

Le bonheur a un coût mais il n’a pas de prix !