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Chronique

Vacances au paradis

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 24 août 2018

La saison estivale est propice au repos, aux vacances et parfois aux escapades. J’ai eu l’occasion de me rendre il y a quelques jours à Jersey. Rassurez-vous, pas de business, une simple escapade touristique. Ainsi donc, j’ai séjourné dans un paradis fiscal localisé à quelques kilomètres des côtes françaises.

Les activités financières y représentent 60% du PIB de l’île, employant 12 000 salariés sur une population de 100 000 habitants. A Dubaï ou à Singapour, la finance serait plus visible, un peu ostentatoire, « bling bling » dirait-on aujourd’hui. A Jersey, tout est dans la discrétion. Toutefois, pour un esprit averti, on repèrera quelques signes qui ne trompent pas. A l’embarquement à Saint-Malo, le ferry que nous allons emprunter est immatriculé à Nassau. Nassau ? la capitale des Bahamas… tiens, tiens. Il n’y mettra sans doute jamais la coque ! A nos côtés sur le parking, une magnifique Ferrari rouge…. Petite balade à pied dans Saint-Hélier, la capitale, on y croise des gens ordinaires, aussi des gens cravatés et costumés en sombre, l’air sérieux, la finance c’est très sérieux. Passage devant une vitrine moderne, une enseigne « Walkers ». Qu’y fait-on ? Finance, fonds d’investissements, trusts et puis des agences implantées aux Bermudes, aux Iles Vierges Britanniques, aux Iles Cayman ou encore Hong-Kong.

Jersey, dépendance de la Couronne britannique depuis le 13ème siècle, leur monnaie est la livre « jersiaise », à l’effigie de la Reine Elizabeth II qui est leur chef d’état. Située à 1h15 d’avion de l’aéroport de la City de Londres, le quartier d’affaires, lui-même situé à 25 minutes de voiture. Oui au cœur de la plus grande capitale européenne.

Un journal local titrait cette semaine-là « L’immobilier à Jersey aussi cher que celui de Londres ». Prix moyen d’une maison : 600 000 euros. La finance offshore profite-t-elle à tous ? La réponse est non. Les salariés subissent un prélèvement à la source de 20%, Jersey connait un déficit public. Les responsables de la finance à Jersey ne se reconnaissent pas comme un « paradis fiscal », l’expression les hérisse au plus haut point. Ils se présentent comme un « centre financier offshore international », c’est beaucoup plus classe ! Et pour la France et l’Union européenne, Jersey ne figure sur aucune liste noire des paradis fiscaux mondiaux et donc la vie est belle, le business continue.

Nous sommes nombreux à ne pas lâcher l’affaire, dans l’intérêt général et pour l’avenir des humains.

En attendant, bonne rentrée à tous !