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Ah les belles carrières…

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 21 février 2020

Il y a une expression qui m’insupporte particulièrement dans les commentaires de très nombreux journalistes, c’est celle-ci  : « le personnel politique ». Comme si, étant élu, vous deveniez ipso-facto l’agent zélé, docile et évidemment bien rémunéré de je-ne-sais quelle entreprise.

Pour nous, le mandat d’élu, quel qu’il soit, est un outil particulier détenu à un moment donné pour mener, là où vous êtes, le combat pour les valeurs et les idées que vous avez embrassées en décidant de vous engager.

Il est vrai aussi, malheureusement, pour « la politique », que l’on est trop souvent en droit de douter de ces fondamentaux. Nous connaissons tous de vrais « professionnels de la politique » aux carrières parfois sinueuses mais toujours brillantes… sur un plan très personnel. Un exemple récent nous est apparu dans la presse spécialisée, celui du successeur de M. Didier Migaud, futur ex-Premier Président de la Cour des Comptes.

Auditionné souvent par les parlementaires, apôtre des chiffres et fervent adepte de la rigueur budgétaire, Didier Migaud fut député PS (plutôt classé à « gauche » m’a-t-on dit), il devint même Président de la Commission des Finances et fut nommé Président de la Cour des Comptes par Nicolas Sarkozy en 2010. Son départ ne marquera pas la fin de son parcours puisque l’actuel Président de la République devrait le nommer à la tête de la HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique). Bravo M. Migaud  ! Un nom pour lui succéder revient en boucle depuis son départ de Bruxelles, celui de Pierre Moscovici (encore un homme de « gôche »). Il a d’ailleurs réintégré la Cour des Comptes qui est son corps d’origine.

M. Moscovici a été député, ministre, commissaire européen et atterrirait désormais à la tête de la vénérable institution de la rue Cambon. On dit de lui qu’il dispose de beaucoup d’atouts plaidant en sa faveur, d’abord sa proximité avec le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, qui était son directeur de cabinet adjoint à Bercy quand il était ministre de l’Economie et des Finances de François Hollande. Il serait en concurrence avec un certain Eric Woerth… une autre pointure de la gestion loyale du capitalisme.

Voilà de quoi rassurer les marchés financiers, les banques, les milliardaires, les premiers de cordée… Aucune menace à l’horizon pour le libéralisme.

On retient son souffle, on attend la fumée blanche de la cheminée de l’Elysée, oui, car c’est bien Macron 1er qui a le pouvoir de désignation.

Ah, les belles carrières  !