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Au secours Maggie

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 3 avril 2020

J’ai lu et relu avec attention l’allocution du Président de la République le 16 mars dernier, lorsque furent faites les annonces concernant le confinement. Voilà ce que nous avons entendu  : « Il faut interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde, et qui dévoile ses failles au grand jour… ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat Providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe, des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché. »

Camarade Ambroise Croizat, sors de ce corps  ! Je me suis vraiment demandé si j’avais bien entendu. On ne reconnait plus notre Jupiter qui en juin 2018 stigmatisait « le pognon de dingue placé dans les minima sociaux ». Il faut dire que ce gouvernement en est à sa troisième claque depuis mai 2017. Il y eut d’abord celle des « Gilets Jaunes », puis celle de la Réforme des retraites majoritairement rejetée par nos concitoyens, et enfin la toute dernière, un virus qui chamboule tout et qui ébranle les certitudes du pouvoir.

Et voilà que dans la foulée, on reporte le projet de privatisation d’ADP, que le projet de réforme des retraites sera revu plus tard. Voilà que Bruno Le Maire demande aux entreprises de faire preuve de la plus grande modération sur le versement des dividendes. Thatcher, réveille-toi, ils sont devenus fous. On va finir par croire que ce virus est communiste  !

L’heure n’est pas à la polémique, certes, l’heure est à l’union nationale parce que nous sommes en guerre, nous dit Clémenceau… mais oui il faut oser le dire, le libéralisme est en cause dans cette situation, cette loi du marché, de l’argent, de la chasse à la dépense publique par nature nocive etc, etc…

Alors, sans polémique, je me suis replongé dans les débats au Sénat au moment du vote du projet de loi de finances pour la sécurité sociale. C’était le 12 novembre 2019, notre collègue et camarade Cathy Apourceau-Poly disait à la tribune  : « Vous remettez en cause les fondamentaux de notre protection sociale, il faudrait créer l’obligation pour les industriels de constituer un stock de sécurité de 2 à 4 mois sur les médicaments d’intérêt thérapeutique moyen. »
J’ai aussi regardé ce que disait notre camarade Laurence Cohen  : « L’hôpital est en souffrance, l’onde de choc est considérable  : manque flagrant de lits, nombre de médecins plus qu’insuffisant ». Ça, c’était le 18 avril 2013 devant Marisol Touraine, ministre de l’époque.

Alors, changer de modèle, chiche  !