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Avis de sécheresse sur la France

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 18 octobre 2019

On l’attendait depuis un certain temps, le premier bilan de la décision du début de quinquennat de supprimer l’ISF. Ce choix valut au Président Macron le fameux sobriquet de « Président des riches » qui lui va tellement bien.

J’entendais, il y a quelques jours, un responsable du parti « Les Républicains », interrogé sur les difficultés politiques de son parti, déclarer ceci  : « M. Macron est le meilleur président de droite que nous ayons eu ». Tellement simple et tellement vrai. Si j’étais bourgeois, je n’hésiterais pas une seconde à soutenir la politique libérale que j’espère depuis toujours. Pourquoi perdrai-je mon temps avec tous les Républicains actuels, franchement  ?

Alors, revenons sur cet ISF. La commission des finances du Sénat présentait un rapport, la semaine dernière, sur le sujet. Le Gouvernement avait mené sa propre étude, le Sénat a préféré mener la sienne en toute indépendance. Le bicamérisme, dans cette République, peut avoir du bon…

La première conclusion résume assez bien les choses, je cite  : « La concentration croissante de la richesse et l’insuffisance des autres formes d’imposition du capital des plus fortunés peuvent justifier la mise en place d’un ISF ». Et ça n’est pas le groupe communiste qui a mené ces travaux  ! Nous étions peu nombreux, en 2017, à nous élever contre cette décision de supprimer l’ISF.

Autre constat, certes l’ISF ne rapportait « que » 5,2 milliards mais le rapport indique qu’il présentait l’avantage d’être dynamique et populaire. On apprend également que la création de l’IFI (Impôt sur la fortune immobilière) a eu comme conséquence d’exonérer les très hauts patrimoines financiers, 18% des ex-assujettis à l’ISF ne payent pas l’IFI. Il vaut mieux donc, comme toujours, être « très » riches.

Autre conclusion, au total, le gain fiscal lié à la réforme s’élève en moyenne à 8 338 euros par foyer et atteint 1,2 million d’euros pour les 100 premiers contribuables à l’ISF.

La vérité aussi sur les fuites à l’étranger des pauvres assujettis à l’ISF. En 2017, seuls 376 redevables ISF ont quitté la France contre 632 en 2016 ou encore 915 en 2014. Pour 2017, cela fait un pourcentage de 0,1%  !

Enfin, la mise en place du taux unique de 30% sur les dividendes a eu comme effet une hausse de la distribution des dividendes, passant de 28,9 milliards en 2017 à 37,1 milliards en 2018, soit +28%.

Pas de ruissellement à l’horizon, l’argent tend à se concentrer toujours plus dans les mêmes mains grâce à M. Macron.

Point de ruissellement donc mais une forme d’évaporation tout simplement. En bas, il fait toujours aussi sec  !