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Inquiétude au sommet

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 14 février 2020

Petit retour en arrière sur le récent rapport publié par l’ONG Oxfam sur l’état des inégalités dans le monde. On a beau être conscient de cette réalité, les chiffres publiés chaque année nous donnent le vertige et décuplent notre indignation et donc notre volonté de nous battre pour changer cette société qui ne tient pas debout. En voici quelques-uns.

• Les richesses des 1% les plus riches de la planète correspondent à plus de deux fois la richesse de 90% de la population, soit 6.9 milliards de personnes.
• Les milliardaires du monde entier, c’est-à-dire seulement 2 153 personnes, possèdent plus de richesses que 4.6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale.
• Dans notre pays, 7 milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres et les 10% les plus riches possèdent 50% des richesses.

La porte-parole d’Oxfam, Madame Pauline Leclère, nous propose cette analyse  : « Les inégalités indécentes sont au cœur des fractures et des conflits sociaux partout dans le monde car personne n’est dupe  : la crise des inégalités traduit la complicité plus que l’impuissance des Etats à agir pour la combattre. Les inégalités ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches, entreprises et particuliers, à l’effort de solidarité par l’impôt et fragilisent le financement des services publics ».

Et voilà qu’au beau milieu de ce tableau, tombe la semaine dernière, un rapport de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) montre que la politique budgétaire et fiscale menée depuis 2018 a favorisé le pouvoir d’achat des plus aisés au détriment des plus modestes. Les 5% des ménages les plus modestes verraient ainsi leur revenu disponible diminuer en moyenne de 45 euros par an quand les 5% les plus aisés auraient gagné 2 905 euros. Ça me rappelle le sketch de Fernand Raynaud, chez le tailleur, le client pas convaincu de la qualité du costume nous dit  : « y’a comme un défaut là ».

Ce satané sparadrap du capitaine Haddock ne se détachera pas de si tôt du costume de notre Président des Riches. Quand ça veut pas, ça veut pas. Mais, comme dit la porte-parole d’Oxfam, aucune fatalité à cette réalité, elle est la stricte résultante de choix politiques. D’ailleurs, chez les premiers de cordée, on semble s’inquiéter de la situation. Une centaine de milliardaires et millionnaires du monde demandent à être taxés davantage car ils craignent l’explosion sociale, voire la révolution, tant la situation se tend à l’extrême. Dans une tribune, ils écrivent « Il y a deux sortes de personnes riches dans le monde, ceux qui préfèrent les taxes et ceux qui préfèrent les fourches »  !

Curieuse convergence des luttes que celle-ci  ! Pour ne pas tout perdre, lâchons un peu de lest, disent les riches.