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Actualité

Question écrite avec réponse

« Jour du dépassement »

M. Éric Bocquet attire l’attention de Mme la ministre de la transition écologique et solidaire sur la question essentielle du « jour du dépassement ».

Question n° 11973 adressée à Mme la ministre de la transition écologique et solidaire
Publiée le  : 08/08/2019

En effet, chaque année, l’organisation non gouvernementale « Global Footprint Network » calcule ce qui est appelé le « jour du dépassement ». Ce jour symbolise la date où l’humanité a épuisé l’ensemble des ressources naturelles que la Terre peut renouveler sur une année. Cette année, ce jour est tombé le 29 juillet.
Ainsi, ce 29 juillet 2019, l’ensemble des ressources que la planète produit en un an a été consommé. De facto, l’humanité consomme actuellement les ressources d’1,75 planète chaque année. Elle consomme en sept mois ce que la Terre génère en douze.
De plus, nous devons être alarmés du fait que cette date tombe chaque année de plus en plus tôt. A titre de comparaison, le « jour du dépassement » était le 29 décembre en 1970, le 4 novembre en 1980, le 11 octobre en 1990, le 23 septembre en 2000 et le 7 août en 2010. A noter encore que ramené à l’échelle des pays, il y a des différences de taille entre les pays dits industrialisés et les pays dits sous-développés.

Ainsi, le « jour du dépassement » tombe le 15 mars pour les Etats-Unis (le 14 mai pour la France) quand il tombe le 26 décembre pour le Kirghizistan. Cela symbolise, s’il le fallait, les excès de la mondialisation – renforcée d’ailleurs par l’adoption récente du « comprehensive economic trade agreement » (CETA) –, du productivisme, de la surconsommation à outrance, de l’obsolescence programmée, mais aussi de gouvernants qui foulent aux pieds les accords internationaux sur l’environnement et le climat. Et ce, toute honte bue.
C’est pourquoi, face à ce jour symbolique qui tombe de plus en plus tôt dans l’année et qui doit éveiller les consciences, il lui demande ce que compte porter le Gouvernement à l’échelle internationale pour inverser cette tendance mortifère pour notre planète et notre humanité.

Réponse de Mme la ministre de la transition écologique et solidaire
Publiée le  : 27/02/2020

En 2019, le jour du dépassement mondial est intervenu plus tôt qu’en 2018.
Le 29 juillet, l’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an.
La science nous alerte au travers des récents rapports du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport sur l’océan et la cryosphère et le rapport sur les terres, et de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le rapport sur la biodiversité mondiale.

La France est résolument du côté du changement et de la transition vers de nouveaux modes de consommation durables et responsables. Elle prend ses responsabilités pour mobiliser la communauté internationale et est très engagée au niveau européen pour porter et défendre ces messages. Le changement doit s’opérer au niveau planétaire et engager l’ensemble des acteurs. La France appuie la science en soutenant les chercheurs et en formalisant des alertes scientifiques.

Elle est, ainsi, le premier contributeur financier du GIEC et a accueilli l’IPBES à Paris au printemps 2019. C’est sur le fondement de ces alertes scientifiques que la France est mobilisée au plus haut niveau de l’État pour agir au niveau international afin d’inverser cette tendance, en étant à la hauteur de la puissance des diagnostics. Concernant le climat, le cap poursuivi est la neutralité carbone en 2050 par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, conformément à l’accord de Paris.

En complément des mesures nationales en la matière, la France agit au niveau européen. Elle est déterminée à convaincre tous les États membres de l’Union européenne d’être aussi ambitieux. Au niveau mondial, la France se mobilise avec succès pour faire vivre l’accord de Paris malgré le retrait des États-Unis. « L’appel de Pékin sur la conservation de la biodiversité et le changement climatique », signé par les deux chefs d’État réaffirme, notamment, que l’accord de Paris est « un processus irréversible et une boussole pour une action forte sur le climat ».

Sur la mobilisation de la finance pour le climat, la France agit au sein des négociations internationales et, particulièrement, auprès des institutions multilatérales, afin que ces dernières fixent un montant croissant de co-bénéfices climat à leurs interventions. La France entend concentrer son action sur la mobilisation de flux financiers publics et privés pour financer la transition écologique, et sur l’orientation des investissements vers un développement à faibles émissions et résilient aux impacts du changement climatique.

Par ailleurs, la France a accueilli en octobre 2019 la première conférence de reconstitution du Fonds vert pour le climat qui a constitué un succès, avec 9,8 Mds USD de contributions pour la période 2020-2023. La mobilisation n’est cependant pas terminée puisque plusieurs pays ont fait des annonces de contributions qui restent à compléter.

La France agit également pour protéger la biodiversité et souhaite créer, avec ses partenaires, une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique. C’est le sens de l’accueil de l’IPBES à Paris en avril 2019, immédiatement suivi par la réunion ministérielle du G7 environnement à Metz qui a consacré une large partie de ses travaux au sujet de la biodiversité et des apports de la science à la décision politique. Le sommet du G7 a adopté, au niveau des chefs d’État, la charte de Metz sur la biodiversité. C’est aussi le sens de l’accueil du congrès mondial de la nature qui se tiendra en juin 2020 à Marseille et qui précédera de quelques mois la COP15 biodiversité.

Le Gouvernement construit dès maintenant des propositions et une mobilisation qu’il souhaite ambitieuses pour la COP15 de la convention sur la diversité biologique en Chine. La France est également active pour donner une gouvernance mondiale et des cadres protecteurs pour les océans. La France y est engagée aux côtés de l’Union européenne et souhaite que les négociations en cours aux Nations unies débouchent en 2020 sur un cadre international pour la protection de la biodiversité en haute mer.