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« Mesdames, messieurs, bon appétit »

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 1er mars 2019

Cette semaine au menu ou à la carte, comme vous le souhaitez, le chef vous propose un bouillon de limaces à la paimpolaise en entrée, le plat de résistance vous régalera d’une fricassée de fourmis à la provençale suivie d’une galantine de sauterelles façon Pompadour et en dessert une gelée de lombrics caramélisée à la bave de chenilles.

Quel restaurant vous propose ces choix en 2019  ? A ma connaissance, aucun, mais il se dit qu’en 2050, ce menu ne relèvera plus de la fiction car il paraît que le processus est déjà enclenché.

En effet, des chercheurs s’attèlent dès aujourd’hui à garantir la sécurité alimentaire pour l’humanité en 2050. La planète devra, en effet, nourrir d’ici une trentaine d’années pas moins de 9 milliards d’humains. La solution consisterait à inciter les humains à consommer des insectes.

Il paraît que cette pratique est fréquente pour un tiers de l’humanité. Les insectes sont riches en protéines et en minéraux, ils peuvent être consommés entiers ou réduits en poudre ou en pâte afin d’être incorporés à d’autres animaux.

Je ne vous cache pas, les amis, que j’ai beaucoup de mal à m’habituer à cette idée, même dans le cadre d’un régime, j’aurais beaucoup de mal à m’y faire.

Près de 900 espèces d’insectes sont comestibles, nous dit-on du côté des entomophages. De nombreuses espèces sont déjà en vente sur les marchés de Kinshasa, en Thaïlande ou encore au Chiapas au Mexique. Les termites grillés constituent un mets de choix au Gabon.

Bien sûr la population augmente régulièrement, « l’industrialisation » de l’agriculture a, certes, répondu à ces besoins croissants. J’ai même vu un reportage, la semaine dernière, nous présentant une culture de salades en serres verticales à étages aux Etats-Unis. Un autre racontait la possibilité de se nourrir d’algues. Technologie, sciences, inventivité, non décidément, je suis alimentairement très conservateur.

Le FAO (Food and Agriculture Organization – dépendant de l’ONU), nous indique, dans le même temps, que 30% des productions alimentaires sont gaspillées. En cette semaine du salon de l’agriculture ces débats doivent avoir lieu.
Quelle agriculture pour demain  ? Economiser les terres agricoles, optimiser la consommation d’eau et surtout, encore une fois, sortir l’agriculture des logiques financières et spéculatives. Circuits courts, jardins collectifs, éducation alimentaire pour la jeunesse. Oui, bien se nourrir c’est une culture et puis du pouvoir d’achat aussi. On y revient toujours.
Allez, pour moi ce sera poireaux-vinaigrette en entrée, un bœuf bourguignon pour suivre et on terminera avec une charlotte aux fraises. Et qu’est-ce qu’on boit avec ça Pierrot  ? Tenez, voilà la carte des vins... Bon appétit à tout le monde.