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Courrier au Président de la République - Grand débat national

Nous ne sommes pas les spectateurs muets de votre communication politique

Le Président de la République recevra demain à l’Elysée, dans le cadre des conclusions du grand débat national, un certain nombre de maires et d’élus locaux de la Région. Les parlementaires sont également conviés, mais aussi surprenant soit-il, ils ne pourront pas s’exprimer.

Les députés et les sénateurs communistes n’entendent pas rester les spectateurs muets d’une opération de communication politique et se rendront à l’Elysée avec la ferme intention de prendre la parole.

Deux précautions valant mieux qu’une, ils ont également écrit à Emmanuel Macron pour détailler leurs propositions.

Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République
Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Monsieur le Président de la République,

Sachant que les parlementaires, comme les responsables politiques n’auront pas la parole ce vendredi, nous vous faisons part de notre très vive préoccupation.

Car la situation est extrêmement préoccupante, dans notre région, comme dans le pays.

19 semaines de colères, de manifestations, de revendications, rythmées par une mobilisation toujours très élevée  : l’expression d’une telle indignation, sur une durée aussi longue est inédite dans notre pays, qu’elle s’exprime par la voix de celles et ceux qui ont un gilet jaune ou par celle des salariés et de leurs syndicats, de la jeunesse, des associations d’élus, d’acteurs de la société civile.

C’est un cri de rage, de souffrance, tout autant qu’une soif de justice sociale et fiscale, de démocratie, d’ambition pour notre pays, qu’aucune mesure sécuritaire ne pourra étouffer.

Nous vous remettons aujourd’hui des propositions. Elles s’appuient sur les cahiers de doléances que nous avons distribués et recueillis et sur les nombreux débats que nous avons organisés dans les Hauts-de-France comme dans toute la France. Elles sont aussi le fruit de nos échanges avec le monde du travail, avec les élus locaux, avec la vie associative.

Dans les Hauts-de-France, 1 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté  !

90% des retraités survivent comme ils peuvent avec des pensions inférieures à 1000 euros.
Alignez la pension minimum sur le SMIC et les retraites sur l’inflation  !

Les actifs ne sont pas mieux lotis. Dans notre région très industrielle, le travail est dur mais les salaires sont bas  ! Le travail ne paie pas. Augmentez le SMIC de 200 euros immédiatement et garantissez l’égalité salariale en faveur des femmes  !

Notre jeunesse, quant à elle, a besoin de projets, d’enthousiasme. Elle se mobilise pour que tout le monde ait accès à la connaissance, pour l’avenir de la planète. Or vous ne lui parlez que de restrictions, de charges trop lourdes, de déficit public  !

Pourtant, nous créons tant de richesses mais elles restent dans les mains d’une minorité. Cette minorité, c’est celle qui tient la finance.

Et ce n’est pas à eux, aux financiers, de décider de notre projet de société. Nous voulons reprendre en main notre destin, remettre l’être humain et la planète au cœur de tous les choix politiques à venir et non pas la seule rentabilité.

Pour répondre à ce défi, il faut augmenter le budget de l’Etat  ! Commencez par vous attaquer efficacement à l’évasion fiscale plutôt que d’afficher une complaisance sans nom avec toutes ces multinationales et leurs filiales en Irlande, aux Pays-Bas, en Suisse ou au Luxembourg. Prélevez leur l’impôt à la source comme nous vous le proposons. Rétablissez l’ISF ou créez une journée de solidarité sur le patrimoine des plus riches de France au lieu de demander aux salariés de travailler gratuitement toute une journée  !

Parlez d’investissements publics au lieu de dépenses publiques, car l’école, la santé, le logement, les transports, l’énergie sont des biens communs à défendre  ! Et nous en aurons besoin dans la bataille contre le dérèglement climatique. A ce titre, confirmez l’engagement de l’Etat dans le financement du Canal Seine Nord, garantissez les dessertes TGV dans les Hauts-de-France et donnez-nous les moyens de développer nos transports collectifs et d’en baisser le coût, jusqu’à la gratuité comme à Dunkerque.

Donnez à notre région les moyens suffisants pour ne plus être celle où le taux de surmortalité est le plus élevé de France  ! C’est pour cette raison que nous réclamons des mesures d’urgence pour nos hôpitaux publics et contre la désertification médicale.

Rétablissez des services publics dans nos communes, dans nos villages et donnez-nous les moyens de répondre aux attentes des habitants ; aidez-les communes à investir en augmentant leurs dotations  : c’est dans la proximité que nous sommes les plus efficaces.

Monsieur le Président, nous n’allons pas vous écouter pendant des heures et des heures pour nous expliquer que vous ne rétablirez pas l’ISF, que vous avez déjà augmenté le SMIC, que les retraités doivent faire des efforts et qu’au final, il faut rester bien sage  !

Nous en avons beaucoup entendu ces derniers mois.

Il faut maintenant passer aux actes  !

Agissez et vite car la situation est explosive  !

Dans l’espoir que vous tiendrez compte de notre interpellation, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre haute considération.

Les Députés, Sénatrices et Sénateurs communistes des Hauts-de-France