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Débat dans l’hémicycle

Réforme des retraites : quid des alternatives ? Michelle Gréaume interroge le ministre en charge

Mardi 7 janvier 2020, à la demande de la Commission des affaires sociales, un débat a été organisé au Sénat sur la réforme des retraites, présentée par le Gouvernement, et qui provoque un rejet massif des salariés. Michelle Gréaume a souhaité interpeller M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des retraites, au cours de ce débat, pour évoquer les alternatives à cette réforme des retraites.

« On vit plus longtemps, il faut donc travailler plus longtemps ». Voilà ce que vous répétez sans cesse depuis des mois, comme une vérité naturelle, pour convaincre que votre projet de réforme des retraites est la seule alternative possible.

Les arguments contraires ne manquent pas. Ne serait-ce que la stagnation depuis 15 ans de l’espérance de vie en bonne santé, qui touche prioritairement les personnes confrontées aux tâches les plus pénibles.
Monsieur le ministre, pour vous l’être humain, dans l’ensemble de ses activités, ne se réduit-il qu’au travail  ?

Cette vision passéiste est contredite par les progrès de la médecine, de la recherche, par les bouleversements dans la société et les rapports sociaux. Ils portent en eux de nouveaux progrès pour l’humanité, pour peu qu’ils soient mis au service de la justice, du bien commun et non du profit pour quelques-uns.

Ainsi la retraite n’est plus vécue comme la fin de la vie, mais comme le début d’une nouvelle, hors travail, riche d’activités et de découvertes.

Ceci n’est pas une charge mais un progrès pour la société, un projet de civilisation.

La grandeur d’une nation est de savoir répondre à ce défi. Votre projet ne le permet pas, et ce n’est pas son objectif.

Y répondre pose la question d’un autre projet de société avec un réel financement, plus concrètement, celle de la production et de la répartition des richesses.

Voici quelques exemples de proposition  :

  • Mettre fin au régime spécial des revenus du capital qui ne participent pas - ou insuffisamment - au financement des retraites, en alignant le taux de cotisation sur celui des revenus du travail. Cela rapporterait 31 milliards d’euros.
  • Mettre un terme aux exonérations généralisées et aveugles de cotisations patronales, 66 milliards cette année, au profit d’une modulation des cotisations sociales des entreprises.
  • Faire appliquer l’égalité salariale entre femmes et hommes apporterait 11 milliards supplémentaires.
  • Enfin et surtout engager un processus d’augmentation générale des salaires. La seule augmentation de 20 % du SMIC représenterait 240 euros nets de plus par mois, et surtout 3 milliards de plus pour les caisses de retraites.

Monsieur le ministre, allez-vous enfin retirer cette réforme, massivement rejetée, et acceptez-vous de débattre des alternatives et des financements qui les accompagnent  ?