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Sensations cubaines

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 22 novembre 2019

Ce billet est écrit à La Havane, nous sommes ici le jeudi 14 novembre, notre séjour dans l’île se termine. Il ne s’agit pas d’un reportage mais d’une expression personnelle sur des impressions, sensations et observations ressenties au fil des jours sur cette île incroyable.

La première journée se déroule au Forum international contre l’impérialisme, à La Havane. 1 200 délégués de tous les pays du monde, des moments riches, celui où tous scandent  : « Lula libre, Lula libre, Lula libre » après l’intervention de la camarade brésilienne du Parti des travailleurs. On apprendra quelques jours plus tard la sortie de prison de Lula. L’impérialisme n’est pas virtuel, il agit et réagit dans les jours qui suivirent en contraignant à la démission le président bolivien Evo Morales. En écoutant toutes ces interventions, on se dit vraiment que l’on n’est pas seul au monde à subir les méfaits du capitalisme mondialisé, brutal et violent en Amérique latine, plus policé chez nous, plus « mondain » mais l’inspiration est la même.

Cuba souffre mais Cuba lutte. Cuba, l’axe du mal pour Trump et ses sbires, tout ce qui résiste et bouge en Amérique latine les insupporte, de Pinochet à Bolsonaro. Yankees, go home  ! Ils auraient tellement voulu que Cuba soit ensevelie dans les fosses à oubli de l’Histoire après la chute du mur de Berlin en 1989. Mais ils sont toujours là. Comment font-ils  ?

Nous avons eu l’occasion d’entendre un député communiste cubain, Eduardo Torres-Cuevas, intervenant dans un autre cadre, expliquant le passé et le présent de cette révolution. Il nous dit  : « Ils nous considéraient comme un satellite de l’URSS, et ils pensaient que par l’effet domino notre pays disparaîtrait. Notre commerce extérieur dépendait à 89% des échanges avec le COMECON (marché commun des pays socialistes de l’époque). » Il eut cette phrase incroyable  : « Quand le soleil s’est éteint, le satellite continua à briller  !  »

La révolution cubaine n’est la copie d’aucune autre révolution au monde, c’est un chemin original et ne se veut pas un modèle, elle est une expérience. Un ami me disait durant le voyage, il est Français mais vit ici depuis plusieurs années  : « Cuba ne se décrit pas, ça se vit ».

Nous devons nous intéresser à Cuba et soutenir son peuple, pas béatement, avec lucidité mais avec la conviction que leur combat est le nôtre et réciproquement. Les deux combats se nourrissent mutuellement. Et puis ces liens avec la France… Ce député nous parle d’une formule à Cuba qui dit  : « Tout homme a deux patries, la sienne et la France ».

Cuba souffre du blocus américain, mais cuba lutte  !