Questions au gouvernement

Question d'actualité au Gouvernement

Quelle part de la richesse nationale sommes-nous prêts à consacrer au financement de notre système de retraite par répartition ?

Ce mercredi 30 juin 2021, c’est Eric Bocquet qui a proposé la question d’actualité au Gouvernement, au sujet de la réforme de l’âge de départ en retraite, qui revient sur le tapis en cette fin de mandat présidentiel.

Lire le texte de l’intervention

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mes chers collègues,

C’est au lendemain d’une bérézina électorale d’une ampleur inédite pour une majorité présidentielle, que la réforme des retraites est à nouveau avancée !

L’âge de départ serait ainsi repoussé à 64 ans, et cette mesure pourrait être adoptée en quelques lignes intégrées au prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale. Chaque parlementaire présent ici pourra apprécier la démarche pour le moins cavalière, s’agissant d’un sujet aussi structurant et fondamental dans notre société.
Certains ministres semblent craindre d’importants troubles sociaux, d’où les hésitations perceptibles ces derniers jours.
M. le Premier Ministre, ma question est très simple, très claire : quelles sont exactement les intentions du gouvernement sur ce projet de réforme des retraites ?

Réplique :

Madame la Ministre, au-delà de la forme et de la méthode envisagées, c’est le fond qui nous amène à porter une autre réforme.

64 ans, ce sont deux années au-delà de l’espérance de vie en bonne santé. Nous vivons dans une société où les inégalités sont considérables. Nous constatons ainsi 10 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier de 59 ans et un cadre de 69 ans.
Par ailleurs, 8% des retraités survivent sous le seuil de pauvreté.
Madame la Ministre, la véritable question est celle-ci : quelle part de la richesse nationale sommes-nous prêts à consacrer au financement de notre système de retraite par répartition ?

Ce n’est jamais une contrainte comptable et financière, c’est un choix politique, un choix de société.
Pour le financement, Madame la Ministre, il conviendrait de remettre à plat la logique des allègements de cotisations sociales, par exemple. Il vous faudrait également élargir l’assiette des cotisations aux revenus financiers qui se développent dans des proportions hallucinantes, en dépit de la pandémie. Depuis l’instauration du prélèvement forfaitaire unique, les revenus financiers ne sont plus soumis au barème progressif sur le revenu.
Madame la Ministre, vous êtes face à un choix de société. Un choix, vous dis-je.

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